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Les Chroniques de la Grande Verte – Irkalla

Bonjour,

Voici la première illustration d’une prochaine série de dessins sur le thème de la mythologie des Chroniques de la Grande Verte – le roman en cours d’écriture de Marie-Gaëlle.

Il s’agit d’Irkalla, déesse infernale des morts et des moissons, mère de Marduk, le pourfendeur du taureau céleste et premier de la lignée des seigneurs de Cythère, dont descend Cordo, l’un des principaux protagonistes du roman. Elle est aussi la déesse des fléaux, rôle qu’elle partage avec son parèdre Nergaal.

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Le Cycle du Dieu Noir: les frères ennemis

Si on commençait par le début ? L’extrait se déroule dans le royaume des dieux, à la fin d’une longue guerre entre deux frères ennemis, Ahriman, le souverain noir, et Set, le dieu chacal.

Comment ça, ça vous rappelle un film? Mais non, rien à voir !
Comment ça, ça vous rappelle un film? Mais non, rien à voir !

Je ne suis pas allée chercher mes idées très loin, j’ai chiné parmi tout ce que nos légendes avaient à nous offrir… En a jailli un monde inspiré de l’antiquité, où vont se côtoyer des peuples de cultures égyptienne, assyrienne, grecque. Le Kemet – ou Terre Noire – accueillera la plus grande partie du récit. Mais ça, c’est pour plus tard ! On y va ?

« Le palais rayonne d’un éclat qui n’appartient pas au jour naissant. Les colonnes d’obsidienne de la salle du trône reflètent la lumière des flammes. Le ciel s’embrase et l’air se charge de particules cendreuses. Des clameurs résonnent en dehors des murs, de plus en plus proches. Des légions s’affrontent à l’entrée de son domaine, mais Ahriman ne s’en émeut pas. Son regard se perd dans la contemplation du visage de son épouse. Sa main noire et lisse effleure la perfection de sa joue, sur laquelle perle une larme d’or. Malgré sa peine, elle parvient à sourire ; une force de caractère qu’il admire plus encore que son éblouissante beauté.

— La guerre touche à sa fin, murmure-t-il en posant un baiser sur ses lèvres suaves.

Elle penche son visage sur le côté et ses bras s’enroulent autour des hanches et des épaules de son époux. Il frémit. Le doux contact de ses quatre mains se promenant sur sa peau d’ébène le ravit.

— Je le sais, répond la Reine des Cieux, méfie-toi d’eux. Je veux que tu me reviennes.

— Je t’aime Astarté, ne t’inquiète pas, jamais je ne te quitterai. 

Le seigneur noir sourit. L’armée rebelle tenant le siège devant son palais ne l’effraye nullement. Ses propres troupes protègent son domaine. Des âmes dévouées à leur maître et galvanisées par son pouvoir. Aucun de ses pairs n’en possède autant que lui. « La jalousie mesquine de mon frère n’y changera rien », songe-t-il, confiant.

Des bruits de pas attirent l’attention du couple. Des pas métalliques, lents, assurés. À l’apparition de l’intrus, Astarté relève le menton avec dédain. Set se présente en armure, son torse viril couvert d’une cuirasse noire, une longue jupe d’écailles de démon coulant jusqu’à ses pieds. Son visage, comme toujours, reste caché sous le heaume du chacal, masque couleur nuit dépourvu d’expression, une émeraude de la taille d’un poing humain fichée dans chaque orbite. Nul ne connaît l’aspect de Set, personne ne souhaite le voir sous son vrai jour… Le maître des tempêtes et du désordre s’arrête à l’entrée de la salle du trône, les mains dans le dos. Il s’incline exagérément, d’une révérence dont la moquerie n’échappe pas au souverain.

— Majesté, je me réjouis de te trouver ici, dit-il d’une voix onctueuse, je croyais que tu cherchais à m’éviter ! »